Pourquoi je suis candidat

Pourquoi, venant de la société civile, je m’implique lors des séquences électorales depuis mon arrivée dans le Tarn en 2012 ?


A mon départ en Asie début 2004, je venais de consacrer 13 ans à m’investir à 100% dans des associations écologistes et altermondialistes, de commerce équitable et sur les politiques agricoles. Durant toutes ces années, j’ai cru à l’efficacité  des ONGs et des mouvements sociaux pour changer le monde, le rendre meilleur.

Parcours ONG 1990-2004Mais, avec le temps, j’ai constaté que nous pouvions parfois gagner des batailles mais que nos puissants adversaires poursuivaient malgré tout les mêmes politiques et nous obligeaient à mener une lutte permanente sans perspective de réel changement. J’en ai déduit que nous devions changer d’élus car ce sont eux qui décident les règles pour notre société, les politiques concrètes et l’affectation de moyens publics très importants.

Or, la majorité des élus sont restés bloqués sur les vieilles recettes des 30 glorieuses (l’objectif c’est la croissance du PIB…) et ne sont pas capables de changer l’orientation du pays et répondre aux enjeux du XXIème siècle.

J’ai donc alors décidé qu’à mon retour en France, je m’investirais plutôt dans le combat électoral que dans les contre-pouvoirs associatifs.

En conséquence, j’ai contribué à la présentation d’une liste citoyenne aux élections municipales de 2014 (« Gaillac à gauche », j’étais candidat en place inéligible) et j’ai coordonné la campagne tarnaise du rassemblement « Nouveau Monde » lors des élections régionales fin 2015 (sans être candidat).

Quel que soit mon choix d’engagement collectif, moi et ma famille avons poursuivi un mode de vie le plus cohérent possible avec le monde que nous désirons (alimentation au maximum locale, paysanne et bio ; électricité Enercoop 100% renouvelable ; minimum de produits chimiques ; banque coopérative et solidaire ; transports bas carbone et solidarité climatique ; etc).


Pourquoi je me présente comme candidat indépendant des partis pour les législatives 2017 ?


Depuis de nombreuses élections, on observe que l’abstention augmente fortement, allant régulièrement désormais vers des taux de 50%.

Elle ne touche pas de manière identique tous les partis puisque les sympathisants du FN participent majoritairement aux votes. Chacun constate que certains des partisans d’une vraie politique écologiste et solidaire ne vont plus voter car ils sont désabusés sur l’efficacité de leur vote.

L’absence de scrutin à la proportionnelle aux élections nationales et départementales méprise le choix de nombreux électeurs qui sont ainsi privés de représentation. Mais cela n’est pas la seule raison puisque toutes les élections sont concernées par l’abstention massive. Les trahisons de François Hollande vis-à-vis de ses promesses électorales, l’opportunisme de certains élus nationaux écologistes et, plus généralement, le carriérisme politique et les scandales à répétition ne vont pas inverser cette tendance.

Abstention 2010-2017

Face à ce constat, certains sont tentés de se désintéresser des élections en se concentrant sur des actions concrètes qui changent progressivement nos sociétés. Mais, le passé nous montre que ces alternatives de terrain, aussi efficaces soient-elles, ne permettent pas les changements globaux nécessaires si elles ne sont pas relayées dans les politiques publiques nationales et internationales par les élus.

Pire, les élections ont lieu de toutes façons, des adversaires politiques sont élus grâce à la mobilisation de leur électorat et ils mettent en œuvre des politiques et des projets contre lesquels nous n’arrivons que partiellement à résister à travers des  luttes citoyennes.

Mais il ne suffit pas de se mobiliser pour changer les personnes qui sont aux commandes de nos politiques car les règles de fonctionnement de notre démocratie ne sont plus adaptées, c’est un constat assez unanime.

Une 6e République doit apporter plus de participation et de contrôle par les citoyens, moins de privilèges pour les élus, une justice réellement indépendante et disposant de moyens efficaces, etc… Comme il y a peu de chances d’obtenir un changement constitutionnel par ceux qui sont actuellement au pouvoir et veulent le conserver à tout prix, ni par un soulèvement populaire, nous n’avons d’autres choix que de passer par le système électoral et constitutionnel actuel pour ensuite le changer.

Alors, oui, je suis convaincu que pour qu’il y ait enfin des changements profonds et positifs de notre pays (et par ricochet de l’Europe voire du monde), il faut que des femmes et des hommes portant ces convictions soient élus dans toutes les institutions représentatives de la République.

Comment faire pour remobiliser les abstentionnistes ?

Comment remobiliser un électorat qui partage des valeurs telles que la fraternité, la tolérance (et donc cette vision de la laïcité), le partage équitable des richesses, la protection de nos écosystèmes (dont nous dépendons du niveau local comme global, notamment l’eau, l’air, le climat…), etc ? Que faut-il faire pour que cet électorat aille voter pour des personnes qui veulent défendre ces valeurs-là à travers les lois et les politiques publiques ?


L’offre politique doit évidemment évoluer


Les élections régionales 2015 ont montré, dans notre région, que même le rassemblement de partis le plus large dans l’histoire électorale récente (la liste Nouveau Monde) n’a pas permis de mobiliser les abstentionnistes de gauche. Sans doute parce que les partis politiques sont, à tort ou à raison, trop discrédités. Les études d’opinion récentes montrent que 80% à 90% des personnes interrogées ne font plus confiance aux partis politiques. Ces derniers sont considérés comme déconnectés des préoccupations des citoyens, ne s’y intéressant qu’en période électorale ce qui est malheureusement trop souvent le cas en effet.

Comme on peut l’observer pour la présidentielle et les législatives 2017, les logiques d’appareil entraînent l’éclatement des candidatures entre des partis politiques dont les propositions sont pourtant proches sur l’essentiel.

En désaccord sur la stratégie d’EELV de ce point de vue, j’ai démissionné du parti écologiste en novembre dernier après trois années d’adhésion (la première adhésion à un parti politique de toute ma vie).

Au-delà des partis, ce sont aussi leurs candidats aux élections qui sont de plus en plus rejetés. Ils et elles apparaissent comme des personnes opportunistes ou désignées par la direction du parti pour leur docilité… Ce n’est évidemment pas le cas de nombre d’entre eux aux élections locales, notamment dans les partis ayant peu d’élus et donc d’opportunités d’accéder réellement au pouvoir. Face à cette défiance, de plus en plus d’électeurs veulent choisir des candidats ayant une légitimité en dehors des partis politiques.

Puisque les partis politiques ne semblent pas défendre l’intérêt général, une partie croissante de la population se tourne vers des candidats ayant fait la démonstration de leur engagement citoyen.

C’est une évolution tout à fait souhaitable selon moi. Mon expérience associative m’a appris que beaucoup de bénévoles et salariés de la société civile ont une meilleure connaissance des enjeux pour notre pays que le personnel politique. Lorsque j’ai été amené à représenter des associations nationales pour faire des propositions législatives à des députés, j’ai été surpris de la faible capacité de réflexion de beaucoup d’entre eux. Nombre de militants associatifs ou syndicaux ont une vision globale des enjeux et défendent mieux l’intérêt général que la plupart des élus issus des partis.

Elections Barcelone Madrid

C’est d’ailleurs ce qui a amené les électeurs de Barcelone et de Madrid à élire comme maire des candidates issues de la société civile en mai 2015.

La nouvelle maire de la capitale catalane, Ada Colau, était porte-parole d’une association militant pour le droit au logement dans un contexte de massives expulsions. De son côté, la maire madrilène, Manuela Carmena, est une ancienne juge luttant contre la corruption qui est également impliquée dans la solidarité locale. Sans garantie totale évidemment, un parcours engagé dans la société civile apporte cependant beaucoup plus de confiance dans la mise en œuvre réelle des propositions de campagne électorale.

Quand on s’est battu bénévolement et collectivement pour changer de politiques publiques, il y a peu de risque qu’on ne continue plus une fois que l’on est élu(e) !

Nous ne devons pas nous résigner à voir l’abstention et l’extrême-droite s’envoler à chaque élection du fait que les partis politiques sont aujourd’hui discrédités.

Toutes les femmes et les hommes qui se sentent capables de servir la France en prenant des responsabilités politiques doivent proposer leur candidature à toutes les prochaines élections.

Notre démocratie, déjà fragile, est désormais fortement menacée. Il y a dans notre pays une majorité de gens qui sont généreux et conscients que notre diversité culturelle est notre richesse. Ils ne doivent pas attendre que le pire advienne pour se mobiliser avec courage et détermination !

Pour ma part, ce sont ces réflexions personnelles qui m’amènent à présenter ma candidature aux élections législatives de juin 2017 dans la 2e circonscription du Tarn en proposant une autre façon d’être député.

J’ai choisi de rejoindre le nouveau mouvement La Relève Citoyenne qui a pour objectif de faire émerger et d’accompagner des candidats et des collectifs sur tous les territoires à chaque scrutin. La Relève Citoyenne est autonome et indépendante des partis politiques. Elle invite chacun à prendre ses responsabilités, à être constructif, actif et à participer activement aux décisions. Elle est ouverte à tous et gratuite.

Des différentes initiatives récentes pour redonner le pouvoir aux citoyens, c’est de la Charte de la Relève Citoyenne que je me sens le plus proche.

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